|
En Grèce antique, philosopher(1) ne consistait pas
à discourir sur la logique, la physique ou l'éthique,
mais à en avoir un exercice concret, vécu. C'était
un mode de vie, un art de vivre. Dés lors, les philosophes
menaient leur vie en rapport avec leur discours et celui-ci
émanait de leur expérience de la vie.
L'essai que nous livre aujourd'hui
Marc Chauchard est exactement le fruit de cette démarche.
Marc Chauchard ne se contente pas de
gloser avec conscience sur son activité de Conseil
en Propriété Industrielle qu'il pratique avec
enthousiasme depuis plus de 20 ans. Il va plonger à
corps perdu dans sa conviction la plus profonde, "la
propriété industrielle facteur de bien-être
économique", sans se soucier du qu'en dira-t-on
ou des paroles assassines d'une intelligentsia sclérosée
pour la partager avec bonheur avec le plus grand nombre.
En d'autres termes, il va vivre sa
passion et transcrire sous une forme intelligible et claire,
accessible à tous, une des plus belles problématiques
qui soit : la création intellectuelle, apanage de l'Homo
sapiens, ne serait-elle pas de surcroît facteur de progrès
et de bien-être ? il vient ainsi prendre à
contre-pied la thèse de Jean-Jacques Rousseau pour
qui l'homme né pour le bonheur et la vertu s'est laissé
détourner de son chemin par le développement
des connaissances, par la séduction du luxe et de la
puissance.
Ainsi, l'intelligence et l'accroissement
du savoir ne seraient-ils plus à l'origine de passions
dévorantes, d'ambitions destructrices, en un mot d'une
dénaturation de l'homme, mais la source ou le creuset
d'une immense créativité, génératrice
de bien-être.
Certes, il n'a jamais été
nié que les inventions majeures de l'être humain
(de la roue au transistor) ont grandement contribué
au développement du progrès.
Mais, en deçà de ces
grandes étapes, personne ne s'était attaché
aux fruits de tous ces travaux et recherches intermédiaires.
Le moteur à explosion date de
1862 et fonctionne encore aujourd'hui sur le même principe
avec un rendement toujours aussi pauvre - et pourtant, il
n'y a rien de commun entre le brevet d'Alphonse Beau de Rochas
et le moteur actuel de tous nos grands constructeurs. Inventions
intermédiaires donc, mais dont la succession, l'accumulation
ont conduit à l'automobile d'aujourd'hui. Et cette
progression, cette évolution - et non pas révolution
- a fourni des milliers d'emplois, fait vivre des milliers
de familles et contribué incontestablement à
un accroissement du niveau économique de chacun.
Personne avant Marc Chauchard n'avait
cherché à démontrer le lien, caché
mais indiscutable, existant entre cette activité de
recherche et développement et le progrès social
en résultant.
Marc Chauchard n'a pas une langue de
bois - il exprime ses convictions et démontre mathématiquement
la corrélation entre activités inventives et
progrès économique - et il s'offre le bonheur
de douter de sa démonstration.
C'est un vrai philosophe.
Jean Lory
|